Actions sur le document

L'entrée en guerre

L'assassinat de l'archiduc François-Ferdinand

L’étincelle de la première Guerre mondiale est allumée à Sarajevo le 28 juin 1914 lorsqu’un indépendantiste serbe, Gavrilo Prinzip, assassine l’archiduc François-Ferdinand d’Autriche. Suite à cet attentat, le jeu des alliances européennes conclu au début du XXe siècle commence à se mettre en marche. L’Autriche-Hongrie, poussée par l’Allemagne, demande réparation à la Serbie. Cette dernière est incapable de répondre favorablement aux exigences demandées. C’est ainsi que l’Empire austro-hongrois lance ses troupes vers ce petit pays des Balkans. Le 28 juillet 1914, l'Autriche-Hongrie déclare la guerre à la Serbie. Dès ce moment, la Russie, défenseur de la Serbie, déclare la guerre à l’Autriche-Hongrie. Par la suite, le jeu des alliances fait entrer les autres belligérants dans le conflit. Cependant, le Royaume-Uni ne prend toujours pas position.

La Belgique, neutre mais envahie

Notre pays, étant neutre, demande aux différents belligérants limitrophes de réaffirmer la neutralité du territoire institué lors de la conférence de Londres en 1830 et reconfirmée en 1839. La France répond promptement mais l’Allemagne ne répond pas. Cette dernière demande à la Belgique de pouvoir passer avec ses troupes sur le territoire sous prétexte de l’entrée de troupes Françaises en Belgique. Le Gouvernement belge répond directement par la négative mais le 4 août, le territoire national est violé par les Allemands. Ce passage en force des troupes ennemies par la Belgique fait suite au plan stratégique réalisé quelques années auparavant par le Maréchal-Comte Schlieffen.

Attaquer la France via la Belgique: le Plan Schieffen

le plan schlieffenCe plan prévoyait une attaque des troupes françaises par la Belgique. Cependant, le plan des Allemands sera plus difficile que prévu car ils n’ont pas pris en compte deux critères qui les ralentirent énormément. D’une part, la Belgique possédant une petite armée peu habituée au combat et mal équipée, les Allemands ne pensait pas qu’elle allait défendre son territoire. La défense fut forte surtout à Liège où il fallut plusieurs jours à l’armée ennemie pour prendre les différents forts de la Ville. C’est lors de cette bataille qu’on entendit les premiers coups de canon de la formidable artillerie allemande de calibre (420), plus connu sous le nom de grosse Bertha. D’autre part, suite à la violation du territoire, le Royaume-Uni, garant de la neutralité du territoire belge conclue lors de la conférence de Londres, décide de venir à notre secours. Les Allemands ne s’attendaient pas à une implication des Britanniques aussi rapide dans le conflit. Sir Edward Grey, porte-parole du Foreign office, déclarait à la Chambre des Communes que la Belgique, fidèle à l’honneur, forte de son droit, avait fait son devoir en toute loyauté et de ce fait il déclare la guerre à l’Allemagne pour ces raisons. À Mons, dès le début du mois d’août, les réservistes sont rappelés et les réquisitions commencent.

Les Britanniques à notre secours

Dès la déclaration de guerre britannique, le BEF (British Expeditionnary Forces) commence à se rassembler et arrive sur le continent. Il comprend plus de 50.000 fantassins avec son artillerie et 5 brigades de cavalerie. Une fois arrivé en France, les Britanniques se dirigent vers Mons au niveau du canal du Centre et du canal de Mons à Condé, principal point d’appui des britanniques. Dès le 22 août, les 1e et 2e corps britanniques s’installent sur leur position. Le 23 août, les troupes sont aussi réparties sur une grande partie du territoire : à Harmignies la 6e brigade, à Harvengt la 4e, à Ciply le 7e, à Hyon la 3, à Villers-Saint-Ghislain le 2e Royal Scots, entre Saint-Symphorien et Obourg le 1er Gordon Higlanders, entre la gare d’Obourg et de Nimy sont présents le 4e Middlesex et le 4e Royal Fusiliers, aux portes de Mons ce sont le Royal Irish Rifles et le Royal Scots Fusiliers, à Cuesmes les Licoln et une moitié des Northumberland et l’autre moitié à Jemappes. Les autres troupes sont cantonnées à des postes avancés vers Saint-Ghislain et au-delà. Le point le plus faible de la situation des Britanniques se situe au coude du canal du Centre entre Mons et Obourg et le Général French, responsable du corps expéditionnaire britannique, se doute bien que la majorité des combats va se dérouler à cet endroit.

Témoignage

Voici comment ils étaient aperçus par un Montois lorsqu’ils sont arrivés dans Mons (Notaire Hambye) : Dans l’après-midi, des groupes d’infanterie et de cavaliers traversent la ville et sont acclamés. Ils appartiennent à des régiments d’élite. On remarque des Écossais. Sur leur passage la foule leur distribue des cigares, des cigarettes, des gâteaux et des douceurs. Tout le monde admire le bon état des hommes, la beauté des chevaux, la belle ordonnance des uniformes kaki et de l’équipement, la perfection des armes. On entend des marches au son des fifres et des tambours (22 août 1914).

Le 7 septembre 1914, le général French dirigeant du B.E.F. écrit dans son rapport : J’ai l’honneur de vous faire rapport sur les opérations de l’armée sous mon commandement au moment où j’écris cette dépêche. Le transport des troupes d’Angleterre par mer et par chemin de fer s’est fait dans le meilleur ordre et sans accident. Chaque unité est bien arrivée dans ce pays à sa destination, dans le temps prescrit. La concentration a été complète le soir du vendredi 21 août et j’ai pu prendre forces le samedi 22 août, jusqu’aux positions que je considérais le plus favorables pour commencer de là les opérations que le général en chef français, le général Joffre, m’avait chargé d’entreprendre pour poursuivre son plan de campagne…

 

mons14-18.jpg
Vidéo "The First and the Last"

A noter
English version on Visit Mons.