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Abel Dubois

Bourgmestre de Mons de 1974 à 1989

 "Instit" de formation


Abel, Joseph Dubois, enseignant, homme politique socialiste, né à Erbisoeul, le 5 janvier 1921, décédé à Mons le 18 octobre 1989.
Abel Dubois est issu d'un milieu modeste : son père Gaspard est cheminot et milite dans le mouvement syndical. Suivant le voeu de ce dernier, il s'inscrit à l'Ecole Normale de l'Etat à Mons pour devenir instituteur en juin 1939 et exerce à ce titre dans l'enseignement communal. En 1943, il épouse à Mons Gilberte Demoulin, née dans cette même ville en 1922 ; enseignante, elle aussi, elle épaulera son époux tout au long de sa carrière. En même temps, il continue sa formation : il devient professeur d'éducation physique et exerce son nouveau métier à l'Athénée Royal de Mons, dès 1948. En 1957, sa carrière d'enseignant se poursuit comme inspecteur de l'enseignement technique jusqu'en 1965.

Socialiste par conviction


Initié par son père, dès sa jeunesse, au socialisme, il est secrétaire puis président des Jeunes Gardes socialistes montoises en 1939 et devient en 1945, secrétaire de la section locale de Parti socialiste à Mons, poste qu'il animera pendant de longues années. C'est par ce biais qu'il entre au sein du pouvoir communal montois et exerce tour à tour des fonctions de conseiller communal (1953), d'échevin de l'Instruction publique et de la Culture de 1965 à 1969 et de 1972 à 1973 et finalement bourgmestre de mai 1974 à mars 1989.

Fils spirituel de Collard


Depuis de longues années, sa préoccupation première est avant tout l'enseignement, souci justifié par l'augmentation constante du nombre d'élèves dans les écoles secondaires et par le souhait de permettre aux jeunes l'accès aux études.
Son mentor est sans conteste le socialiste Léo Collard, qui, après la victoire écrasante du socialisme en Wallonie et particulièrement dans l'arrondissement de Mons en 1954, devient ministre de l'Instruction publique et prend Abel Dubois comme secrétaire particulier de 1954 à 1958. Celui-ci poursuit sa carrière comme chef de cabinet adjoint du ministre des P.T.T., Marcel Busieau, de 1961 à 1963 ; secrétaire de cabinet du ministre adjoint aux Finances, Henri Deruelles, de 1963 à 1965 ; sénateur provincial du Hainaut de 1965 à 1968 ; délégué de la Belgique à l'ONU en 1967 ; sénateur de l'arrondissement de Mons-Soignies en 1968 ; ministre de l'Education nationale de 1968 à 1972 ; délégué à l'Assemblée parlementaire européenne en 1972. Entre 1972 et 1973, il est encore président de la commission des Affaires culturelles et de la Politique scientifique, membre des commissions du Commerce extérieur et de l'Education nationale, président de la commission de l'Enseignement et secrétaire d'Etat à l'Aménagement du territoire et du logement dès 1973.

Le grand réformateur


C'est sans doute comme ministre de l'Education nationale qu'il a eu le plus d'influence : au moment où l'heure est au changement après les contestations estudiantines de mai 1968, il réalise la démocratisation de l'enseignement qu'il réforme en profondeur.
C'est d'abord l'instauration de l'enseignement secondaire rénové qui vise avant toute chose à décloisonner l'enseignement, favorisant l'observation des élèves, retardant l'orientation et tenant compte des aptitudes et des aspirations des élèves, le nouveau système favorise l'introduction de cours à option et d'activités complémentaires et l'instauration de cours de rattrapage, cet enseignement est basé sur la gestion associative : un Conseil national des parents est créé qui représente les associations de parents. C'est ensuite la création de l'enseignement spécial qui définit les normes d'accès à l'éducation aux handicapés dans l'enseignement primaire et secondaire, c'est encore la mise en route l'enseignement de promotion sociale qui permet, par le biais des cours du soir, aux travailleurs et aux demandeurs d'emploi de suivre une formation continue dans un monde du travail en constante mutation. C'est aussi la fixation du statut des enseignants et l'instauration de la semaine à cinq jours. Ce sont enfin les lois universitaires de 1971. Le Centre universitaire de Mons devient université de l'Etat, Mons est désormais un centre intellectuel confirmé, appelé à modifier les facteurs de production et d'attractivité régionaux.
Parallèlement à toutes ses réformes, Abel Dubois se montre partisan de la décentralisation administrative et amène à Mons le Fonds de Constructions scolaires, ainsi que le Centre technique de l'Education nationale.

Mons mise en valeur !


Son activité mayorale est également considérable : il réussit à mener une politique cohérente de rénovation urbaine et architecturale ainsi que de renaissance culturelle ; il parvient à faire entendre la voix de Mons à l'extérieur et se montre un excellent gestionnaire à une époque où il faut assumer la fusion des communes, mise en oeuvre en 1976.
C'est ainsi qu'il réalise la mise en valeur de nombreux édifices publics (Collégiale Sainte-Waudru, Conservatoire, Hôpital Saint-Georges, Ecole Normale de l'Etat) et de certains quartiers (Grand' place, rue et place du Parc, quartier de Messines). Il inaugure en ville les rues piétonnes et introduit les premières floralies comme signes de revitalisation des fonctions commerciales de la ville et du tourisme. Il mène une politique de travaux publics : percement de tunnels sous les boulevards, amélioration de la Grande Voirie, reconstruction du stade de football de Mons et de la piscine de Flénu, inauguration du nouveau bâtiment de la RTBF sont autant d'exemples de son activité. Sous son mandat est également mise en chantier la restauration du beffroi. Très grand amateur d'art, ouvert à la création, il développe une oeuvre politique culturelle dès son mandat d'échevin de la Culture, multiplie les expositions et s'attelle à l'oeuvre de rénovation des musées : après de grands travaux d'aménagement, le Musée des Beaux-Arts est ouvert en 1970 ; à son tour, le Musée Jean Lescarts est lui aussi rénové et ouvre ses portes en 1988 sous la nouvelle appellation de Musée du folklore et de la vie montoise.

L'ami des Montois


Bourgmestre très populaire, il est proche de ses concitoyens et se fait un devoir d'assister à toutes les manifestations de la vie montoise. S'intéressant à l'histoire de la cité, il n'hésite pas à se lancer dans des conférences comme à l'occasion du 150e anniversaire de la Faculté polytechnique en 1988.
Grand rassembleur, il possède la faculté de communiquer des idées et de trouver un consensus qui convient à tous. Humaniste et démocrate, il croit en la dignité de l'homme et n'hésite pas à défendre les plus faibles. Le 9 juin 1989, il reçoit le titre de bourgmestre honoraire de la Ville de Mons.
Il laisse deux enfants : Daniel, né en 1947, devient successivement échevin de l'Intérieur et des Affaires sociales de la Ville de Mons en 1989, échevin des Finances en 1995 et finalement échevin de la Solidarité et des Affaires sociales avant de décéder en 2000. Sa soeur Corinne, née en 1959, est interprète à la Province de Hainaut.

Encore l'enseignement...


La plupart des travaux (écrits) d'Abel Dubois portent sur l'oeuvre en rénovation de l'enseignement à laquelle il s'est dévoué durant toute sa carrière. Abel Dubois est également membre du Comité régional de la centrale d'éducation ouvrière, ancêtre de Présence et Action culturelles, président de la Fédération boraine du PSB en 1968, membre du bureau du PS en 1971, président des Fédérations wallonnes du PSB en 1972. D'abord administrateur de la Faculté polytechnique de Mons depuis 1965, il devient aussi administrateur de l'Université de l'Etat à Mons en 1975 en remplacement de Léo Collard. A ce titre, il continue de défendre la ville avec ardeur dans le domaine de l'enseignement universitaire (maintien de la Faculté de médecine).
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