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Georges Raepers

Le père du Lumeçon contemporain

Réalisateur du combat dit Lumeçon de 1972 à 2002, décédé en mars 2012, Georges Raepers est  considéré, à juste titre, comme le « père » du Lumeçon contemporain. Il a légué un héritage énorme, que toute la communauté du Lumeçon tente de préserver au mieux, tout en poursuivant sa nécessaire évolution. 

La rencontre  

Licencié en droit et en sciences politiques à l’ULB, Georges Raepers devient assistant dans cette même université. Très vite, il s’intéresse aux sciences humaines, se passionnant littéralement pour l’ethnologie, l’anthropologie et la sociologie.  
Il a 27 ans quand, au Carnaval de Binche de 1972, il rencontre par hasard l’échevin des Fêtes de Mons, Jacques Hamaide. Il interpelle ce dernier quant à l’état de délabrement du combat dit Lumeçon. Le jeune juriste sort de cette rencontre avec une mission : réorganiser le jeu de Saint-Georges et du Dragon.   

La reconstruction  

Dans les années 70 et 80, Georges Raepers règle en priorité les problèmes liés à la sécurité : la corde de l’arène qui cède, l’envahissement du « rond », la queue du Dragon qui casse. Il s’y consacre avec détermination, passion, et à titre bénévole. Au fil des éditions, par petites touches impressionnistes, il structure certaines phases de jeu, « calibre » le nombre de personnages dits « diégétiques » (terme emprunté au vocabulaire cinématographique par Georges Raepers, qui désigne l’univers d’un film, l’ensemble de ce qui est censé être vrai dans une fiction), réécrit leur rôle, symbolise les couleurs, réorganise les cortèges rituels. Tenant compte de la configuration particulière de la ville, il scénarise plusieurs interactions entre la procession et le Lumeçon, montrant que l’un ne peut exister sans l’autre. Il crée un authentique rôle pour les pompiers et les policiers, les deux corps nécessaires à toute cité. Il se bat pour que les policiers du Lumeçon soient recrutés sur base volontaire, parmi les « vrais » policiers.  

Rien n’est laissé au hasard. Il pimente le « jeu », comme il décide de l’appeler, avec des incidents, des anecdotes, des « pointes d’humour », conscient de la nécessité de préserver à la fois le côté ludique et traditionnel de l’événement.   

Durant ses trois décennies de réalisation, Georges Raepers a été le principal artisan de la « renaissance » et de la « reconstruction » du combat dit Lumeçon, face aux défis de la société de l’époque. Il en a fait un événement mobilisateur, fédérateur et de cohésion sociale pour toute une région. Il lui a redonné du sens en construisant savamment, patiemment, un scénario détaillé et complexe, personnage par personnage, phase après phase, geste après geste… 

La reconnaissance 

Consciente de la qualité grandissante et de l’incroyable popularité du Lumeçon, l’autorité communale soutient les propositions de Georges Raepers. En février 1991, il intègre le service des Relations publiques de la Ville de Mons. Jusqu’en 2002, il se consacre quasi exclusivement à la réalisation et à l’évolution continue du Lumeçon. Ce cinéphile averti innove également en intégrant, au sein de ce jeu viril, deux personnages féminins, Cybèle et Poliade.   

C’est une empreinte indélébile, durable et déterminante, pour Mons et pour sa Ducasse rituelle, que laisse Georges Raepers. Incontestablement, son travail acharné et passionné a contribué à la renommée internationale du Doudou, et à la reconnaissance par l’UNESCO en qualité de « Chef-d’œuvre du patrimoine oral et immatériel de l’humanité », en 2005. 

Depuis sa disparition, en 2012, les acteurs du Lumeçon se retrouvent chaque dimanche de la Trinité, tôt le matin, dans les jardins de l’hôtel de ville, dans un petit espace vert rebaptisé « square Raepers », afin de se recueillir à la mémoire des disparus… 

Le mémorial  

En novembre 2017, l’autorité communale et toute la communauté du Lumeçon inaugurent le mémorial Georges Raepers dans la rue des Clercs. Érigé sur proposition de l’Assemblée particulière des acteurs du Combat dit Lumeçon, il concrétise une idée émise par un jeune Montois, Pierre Liebaert, alors musicien au sein de la procession du Car d’Or et du groupe de la musique du Lumeçon. Un pavé de bronze gravé à la mémoire de Georges Raepers est  enchâssé dans la chaussée, précisément là où, chaque dimanche de la Trinité, démarre le cortège de descente de la rue des Clercs. Un panneau informatif complète l’installation. Le lieu d’implantation du mémorial est tel qu’il permettra chaque année, au moment du départ du cortège, soit au moment où les personnages du Lumeçon « prennent vie » (comme Georges Raepers aimait le rappeler), de rendre hommage à l’œuvre de l’emblématique réalisateur. 

Il mérite assurément la déférence de tous les Montois, ainsi que celle de tous les futurs participants au Doudou.