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Description et déroulement de la cérémonie

La « descente de la châsse » est une cérémonie solennelle au cours de laquelle la châsse (reliquaire en cuivre doré datant de 1887, auparavant en bois) renfermant le corps de sainte Waudru est descendue de son emplacement, au-dessus du maître-autel et « processionnée » avec le chef (reliquaire contenant la tête) pour être déposés à la croisée du transept, avant que les restes sacrés soient confiés par l'autorité religieuse (pouvoir spirituel) aux représentants de l'autorité civile (pouvoir temporel) qui en assurera la protection hors de l'église, pendant la procession du dimanche matin. 

La châsse de sainte Waudru est véritablement « descendue » annuellement depuis 1825. Pour autant, la cérémonie solennelle telle que nous la connaissons aujourd’hui n’existait pas encore. Seuls une dizaine de Montois, essentiellement des fidèles de la collégiale, assistaient à la transmission de la châsse, que doyen et bourgmestre scellaient en moins d’un quart d’heure. 

Il fallut attendre 1962 pour que l’abbé Jean Huvelle donne un véritable lustre à cette cérémonie. Décidant de mettre au goût du jour le texte de la transmission de 1426, il l’entoura d’un décorum Renaissance, construit autour du souvenir des chanoinesses. 

La « tradition » de sainte Waudru 

Au son des grandes orgues, des trompettes et des timbales, et magnifiée par le chant d'un chœur imposant, la « descente de la châsse » voit s'avancer à deux reprises un cortège de plus de deux cents participants aux costumes chatoyants : massiers, suisse, acolytes, pages de Roland de Lassus, chanoinesses (en costume de chœur du XVIe siècle), chanoines de Saint-Germain, porteurs des reliquaires, hallebardiers, clergé en aube et en ornements dorés. 

Accompagné du « Fortem virili pectore » et des litanies, le lourd reliquaire est descendu grâce à un vieux mécanisme de 1825 et est alors fixé sur un brancard que porteront huit personnes (dont Saint-Georges). Avant que le cortège ne se remette en mouvement, le doyen encense la châsse et le reliquaire du chef placé dans une chapelle latérale. Une prière conclut cette partie de la cérémonie : « En célébrant solennellement sainte Waudru, patronne de la Cité, Seigneur nous te prions. Délivre-nous de tout mal et donne aux habitants de la ville de vivre dans la concorde, le partage et la paix. Nous te le demandons à Toi, le Vivant pour les siècles des siècles. Amen. »  
Portée dans le sens des aiguilles d'une montre, la châsse est placée au centre de la « croix » formée par la croisée du transept et de la nef. Le doyen procède alors à la « tradition » (c'est-à-dire la « transmission ») du « corps saint de Madame sainte Waudru » au bourgmestre. En d'autres termes, le pouvoir « spirituel » transfère la châsse au pouvoir « temporel », selon des formules rituelles. 

Au cours de la cérémonie, acolytes, clergé et invités prennent place dans le choeur pour écouter le « panégyrique » (terme « savant » pour désigner un éloge) de sainte Waudru, lu solennellement par le doyen, en vieux français. Cet échange suscite toujours un curieux intérêt auprès des non-initiés.  

Lorsque, annonçant la fin de la cérémonie, éclate l'air du Doudou, scandé par des milliers de mains, plus personne ne peut douter que la fête a vraiment commencé. Avant de quitter la collégiale, de nombreux fidèles viendront toucher les reliquaires et/ou mettre à son contact un mouchoir, un ruban, une médaille... Ce vieux geste de dévotion populaire qui se perpétue de génération en génération, marque l’attachement à celle par qui tout a commencé.   

Cette descente de la châsse parmi les habitants de la cité et le cérémonial qui la prolonge, constituent une véritable « refondation » de la cité montoise.  

Le premier grand moment de la Ducasse rituelle !