Préparatifs
L'équipe de réalisation
Pas de spectacle sans metteur en scène, pas d'histoire sans scénariste, pas de concert sans chef d'orchestre. Pas de bataille sans général. L'équipe de réalisation, emmenée par Joëlle Wattier, c'est un peu tout cela à la fois. Appuyée dans la plupart des étapes de son travail par un directeur du jeu, la réalisatrice générale est, contrairement à ce qu'on pourrait imaginer, mobilisée toute l'année pour chapeauter les efforts de la régie, la collaboration avec les policiers, le travail des services communaux et les relations extérieures du Lumeçon (expositions, conférences, travail didactique...). Au fur et à mesure que l'échéance approche, les réunions se multiplient. Groupe par groupe, il faut que la réalisatrice rappelle les principales phases du combat, introduise les nouveautés le cas échéant, qu'elle s'assure que chacun sache ce qu'il a à faire, qu'elle instaure une discipline de groupe.
Les policiers seront-ils assez nombreux ? Les nouveaux Chin-Chins ont-ils intégré leur renversement par la queue du Dragon ? Comment les Hommes de feuilles pourront-ils assurer la protection de cette queue jusqu'à l'entrée du Dragon dans l'arène ? Détail après détail, tout doit être réglé pour le jour J. Tout ce désordre apparent est en réalité minutieusement organisé, scénarisé. Il s'agit également d'assurer la nécessaire coordination avec la procession du Car d'Or, les acteurs du Lumeçon (une partie du moins) participant à la procession et à la montée du Car d'Or.
Pendant le combat, l'équipe de réalisation coordonne les mouvements d'environ 450 personnes, au milieu d'une foule en délire et sans avoir de réel moyen de communication tant le bruit ambiant est omniprésent. Il est donc crucial d'organiser des réunions préparatoires. Ce travail est facilité par le groupe des acteurs, qui compte en ses rangs les plus anciens qui assurent la transmission des règles auprès des plus jeunes.
Les services communaux
A l'approche du Doudou, les services de la Ville sont en effervescence. Pour le service Événements, le plus gros du travail réside en l'organisation générale du Festival des Fanfares, ou de la Doudou Sound Party. Et ce qui prend le plus de temps et d'énergie, ce sont les prises de contacts avec les formations. Parfois, plus d'une année est nécessaire avant de décrocher un accord.
Pour ce qui est de la Ducasse rituelle, le travail est structuré différemment. Et le service Événements n'est pas le seul sur le pont. Le concours de dessins d'enfants est pris en charge par l'asbl Gestion Centre-Ville. Le service Voiries retire les bornes de la Grand-Place et prépare la signalisation sur toute l'entité (la circulation en centre-ville est évidemment bouleversée pendant les festivités). Le Service Propreté travaille d'arrache-pied quand toute la ville ou presque se trouve encore dans les bras de Morphée. Sans oublier bien entendu le service le plus proche du Dragon et des acteurs: la régie.
La régie
À l'instar des scènes théâtrales, le Lumeçon a aussi ses coulisses. Pour le matériel et les accessoires d'abord, avec un rôle important tenu par le régisseur et son équipe. Si chaque année, la beauté du Dragon fascine, la solidité du crin sur la queue « exaspère » joyeusement, si les costumes et accessoires sont impeccables et tous au rendez-vous, c'est grâce à ces gens qui entretiennent, confectionnent, retouchent...
Il y a le Dragon, qui nécessite un soin tout particulier de la part de ses préparateurs : peinture, dents, gros yeux méchants... Et puis surtout, il y a cette queue monumentale qui sera l'objet de toutes les convoitises le dimanche. La queue du Dragon est constituée de quatre ou cinq véritables queues de cheval, préalablement trempées dans une saumure (préparation à base d'eau fortement salée) pour éviter qu'elles ne cassent et pour rendre la prise plus difficile. Sans cette précaution, tous les crins seraient emportés au premier coup de queue donné dans la foule.
Mais il n'y a pas que le Dragon. Les carcasses des Chin-Chins demandent également beaucoup de soin. Tout comme les costumes des Diables, les lances, les centaines de rubans, les chapeaux... le tout façonné de manière artisanale.
Cerise sur le gâteau: les vessies. Il en faut plus de 400 pour que les Diables puissent les « balancer » dans le public, non sans avoir distribué des coups à tour de bras au préalable. Elles sont gonflées à l'air comprimé, nouées puis séchées dans une cave à l'aide de canons à air chaud. Cette délicate opération exalte le sens de l'odorat des préparateurs, lesquels gardent néanmoins tous les acteurs du Lumeçon en odeur de sainteté.