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Les dates marquantes

1674: "Les Dames du Chapitre n'auront pas du gambon"

À l’époque, les processions sont bien plus longues que celles que nous connaissons aujourd'hui. Le tour de Mons et alentours reste une épreuve fatigante, près de vingt kilomètres à accomplir. Huit à neuf heures sont nécessaires. En 1674, les chanoinesses décident que la procession ne s’aventurerait guère à plus de huit cent mètres des remparts. Cette attitude des « Dames du chapitre » ne plaît guère aux Montois, qui en font état par la création d'un nouveau couplet du traditionnel "El Doudou", toujours chanté aujourd'hui: "Les Dames du Chapitre / N'auront pas du gambon / Parce qu'elles n'ont pas fait / El tour d'el procession...". Rien n'y fait cependant. Le parcours actuel a subi très peu de modifications depuis cette époque. 

1703 : Nouveaux personnages dans le Lumeçon

L'évolution du Lumeçon à travers les siècles se traduit notamment par la création de nouveaux personnages autour des rôles principaux tenus par Saint-Georges et par le Dragon. Ainsi, les Chin-Chins et les Diables font leur apparition dans la seconde moitié du XVIIe siècle (entre 1667 et 1703). Les Hommes de feuilles naissent quant à eux dans la première moitié du XVIIIe siècle (ils apparaissent dans les archives de la Ville en 1723). Difficile d’imaginer aujourd’hui un combat sans eux. 

1786 : Pas de Ducasse, merci l’empereur !

À la fin du XVIIIe siècle, Mons est capitale du Comté de Hainaut et se trouve dans les territoires appelés plus communément les Pays-Bas méridionaux ou catholiques. Ce sont les Habsbourg d’Autriche qui dirigent nos régions et depuis 1780 c’est l’empereur Joseph II qui occupe le  trône. 

Le 11 février 1786, il promulgue un édit relatif aux Kermesses (ou dédicaces). Il limite le nombre de fêtes religieuses afin de pourvoir efficacement aux inconvénients multipliés qu’entrainent, au préjudice de la religion et de l’Etat, les fêtes dites kermesses ou dédicaces[1]. Le 10 mai de la même année, un nouvel édit limite aussi le nombre de processions par paroisse et en donne des règles très précises ; il y est indiqué qu’il ne sera plus permis de porter des statues, des images quelconques, des enseignes de métiers, des vêtements extraordinaires ou autres bigarrures semblables et de ne plus les faire accompagner de musique[2]. C’est la raison pour laquelle on ne trouve plus guère trace de ce type de manifestations en France. C’est ainsi qu’en 1786, la procession se déroula le second dimanche après Pâques. Résultat : cette année-là, aucune procession ni combat dit Lumeçon n’eurent lieu à Mons le dimanche de la Trinité. 

[1] Registre d’édits et ordonnances publiés à Mons, 1782 – 1786, Fonds A.V.M., n° 1216, 11 février 1786.
[2] Ibidem.

1787 : Doudou réclamé par le peuple

Poussés par les chanoinesses du chapitre noble de Sainte-Waudru, les Montois se révoltent contre cette interdiction et font pression sur les autorités communale et comtale afin que les festivités de la Trinité soient remises en place. Une retranscription du registre des résolutions du chapitre royal de Sainte-Waudru dans le registre des délibérations du Magistrat expose cette révolte. Un élan de révolution plane sur la ville. Les autorités locales décident aussi, à l’exemple des habitants, de prendre la cocarde du pays aux couleurs des États de Hainaut. Ainsi, en 1787, la procession et le Combat dit Lumeçon (qui pour rappel fait partie intégrante de la procession à l’époque) ont lieu comme à l’accoutumée. 

1788 : L’empereur contre-attaque

Toutefois, l’année suivante, en 1788, l’empereur Joseph II, courroucé du comportement des Montois, fait le nécessaire afin qu’aucune ducasse n’ait lieu le dimanche de la Trinité. Il met une pression importante sur les autorités communales et demandent aux militaires présents sur place de contrôler leurs actions. Dès lors, aucune ducasse n’a lieu cette année-là… ni l’année suivante. 

1790 : La Procession sans la fête

En 1790, nos régions se sont libérées du joug autrichien lors de la Révolution des États Belgique Unis mais ne sont pas non plus à la fête, nous sommes en guerre contre les Habsbourg dont les troupes sont réfugiées à Luxembourg. La procession a bien lieu mais les autres festivités sont reportées à un temps plus opportun par les autorités communales.

1791 : Répit avant la tempête 

En 1791, les Autrichiens ont repris nos régions mais Joseph II étant décédé, son frère Léopold II, nouvel empereur, décide d’une amnistie pour tous les citoyens et supprime tous les édits de son frère aîné. Ainsi, la ducasse de la Trinité revit. Malheureusement juste pour un an, car en avril 1792, la France déclare la guerre à l’Autriche. La première occupation française de Mons (7 novembre 1792 – 26 mars 1793), au lendemain de la bataille de Jemappes, fut trop courte pour avoir un impact sur les festivités montoises. De 1792 à 1794, la procession sortit au jour prévu mais resta intra muros en raison de la situation de guerre ambiante. 

1795 – 1803 : 9 ans sans Ducasse !

La seconde occupation française de Mons, à partir de juillet 1794, bouleversera considérablement la vie et les traditions de la ville. Le chapitre de Sainte-Waudru est supprimé. Durant neuf années (1794-1803), les reliques de la sainte sont fort heureusement placées en sécurité. 

Les quatre chanoinesses aînées veilleront à sauvegarder leur Trésor. Ainsi, elles feront déposer une petite boîte en carton renfermant le chef de sainte Waudru dans la chapelle de la famille d’Argenteau à Liège. Le coffret contenant le reste du corps sera confié à la garde de curé de Rattingen en Allemagne. La chanoinesse quatrième aînée appartenait à l’époque à la famille d’Argenteau, ce qui explique probablement le lieu choisi pour un exil en toute sécurité de la tête de Waudru.

Bien décidés à mettre un terme aux « bondieuseries », les révolutionnaires dépouillent les lieux sacrés. La collégiale perd son mobilier et sa décoration. Les défilés républicains remplacent les processions chrétiennes. Le Car d'Or est utilisé par les Français pour promener les déesses Raison et Liberté. La châsse est fondue… 
À partir de 1795, la procession cesse, fautes de reliques à vénérer et de chapitre organisateur.  Il faudra attendre le concordat de Napoléon, le retour du culte catholique et celui des reliques de sainte Waudru pour que la Ducasse revoie le jour[1]. 

[1] En 1794, une Procession a lieu avec les reliquaires abimés par les Révolutionnaires lors de leur occupation de la Ville de Mons entre 1792-1793.

1803-1804 : Retour des reliques

Des chanoinesses encore en vie, et notamment celles qui se présentaient alors comme les quatre aînées, marqueront leur accord et les reliques reviendront à Mons en 1803. Elles ne rentreront toutefois en la collégiale que le dimanche 12 août 1804.

Restait à les déposer dans des reliquaires dignes de la sainte. Mais les moyens manquaient. C’est ainsi qu’un petit reliquaire cylindrique surmonté d’un toit conique fut réalisé. Il fut doré et décoré pour évoquer une architecture « gothique » dans son décor. La tête de sainte Waudru y fut déposée pour 63 ans. Ce petit reliquaire, qui contient aujourd’hui des reliques secondaires de Waudru, existe toujours et est porté par l’angelot avant du Car d’Or. 

En cette même année 1804, une châsse en bois doré était réalisée pour y déposer les restes du corps de la sainte. Par sa forme et son « décor » peint, elle évoquait le reliquaire de 1313 volé par les troupes françaises à la fin du XVIIIe siècle.

De 1805 à celle de 1867, le petit reliquaire renfermant la tête de sainte Waudru sera systématiquement déposé sur le Car d’Or pour la procession de la Trinité.

1804 : Retour de la procession

La procession de la Trinité reprend son cours à partir de 1804, même si elle a perdu de sa superbe. Dans les premiers temps de cette renaissance, l'ordre des groupes participants pose question. Il est décidé de les rassembler par paroisse, par ordre d'ancienneté : Saint-Nicolas en Havré (1224), Saint-Nicolas en Bertaimont (1227), Sainte-Élisabeth (1516) et... celle de Sainte-Waudru (1803). Conséquence importante : Waudru ne sera plus suivie par la procession, elle sera précédée par celle-ci. La procession entre dans une nouvelle ère de son histoire : la nôtre. 

1819 : Lumeçon exclu de la Procession 

Le combat est resté intégré à la procession elle-même jusqu’au début du XIXe siècle, avant d’en être littéralement exclu. En 1819, le doyen interdit la présence des acteurs du « jeu de Saint-Georges et du Dragon » dans la procession. Le Lumeçon, pas assez solennel aux yeux du clergé, est officiellement banni et prend place... sur la Grand-Place, se déroulant dès que les reliques de sainte Waudru sont rentrées dans la collégiale, à l'issue de la procession. Rétrospectivement, cette exclusion aura sans doute constitué la grande chance du Lumeçon.

1825 : 1ère descente de châsse 

L’actuel mécanisme, permettant de suspendre la châsse (en bois à l’époque) au-dessus du maître-autel de la collégiale Sainte-Waudru, n’est installé qu’en 1825. Depuis, la châsse est  donc « descendue » annuellement, la veille de la Trinité. La cérémonie n’a pas encore le faste que nous connaissons aujourd’hui. Seuls quelques « fidèles » assistent à cette transmission de la châsse du doyen au bourgmestre. La cérémonie est alors pliée en moins d’un quart d’heure.  

1867 : Nouveau reliquaire pour le chef 

En 1867, à l’occasion de la célébration des 25 ans de décanat du curé Gédéon Descamps (24 juin 1804 – 8 juillet 1871), un nouveau reliquaire fut réalisé, à Gand, par l’orfèvre Armand Bourdon pour mettre en évidence les reliques de la tête de sainte Waudru.

La caractéristique principale de ce reliquaire néogothique est le visage d’argent de Waudru. Très souvent dans l’inconscient des Montois, quand il est question de Waudru, c’est ce visage d’argent qui fait foi. L’orfèvre a réussi sa mission. Une œuvre est devenue l’image par excellence de la sainte pour les habitants de la cité initiée par Waudru.

Le reliquaire, d’après un projet du Baron Béthune, affecte la forme d’un buste féminin couronné, surmonté d’un dais ; le tout sur un socle de bois peint et doré. Au sommet du reliquaire (hauteur totale : 190 cm) figure une représentation de la sainte tenant en main une église. Les matériaux utilisés sont l’argent, le cuivre doré, l’émail et quelques pierres semi-précieuses.

1870 : Lumeçon « snobé » 

Vers 1870, une palissade en bois (!) est installée tout autour de l’arène et sépare les acteurs du public. Cette clôture sera remplacée par une corde, plus symbolique, dès la fin du XIXe siècle. Boudé par la bourgeoisie catholique de Mons durant tout le XIXe siècle et jusqu'à la première Guerre Mondiale, le Lumeçon n'est prisé que par des catégories sociales dites inférieures. Ainsi, le public-participant est limité aux « gens du culot » ou aux « gens du rempart » que le refrain de l'air du Doudou désigne comme les couches sociales les moins favorisées. Le Doudou est alors considéré comme du « vulgaire folklore ».

1887 : Corps de châsse 

La châsse de sainte Waudru est l’œuvre de l’orfèvre liégeois Wilmotte, qui la réalisa en 1887. Il s’agit d’un reliquaire de style néogothique, long d’un mètre et quarante-six centimètres, large de quarante-deux centimètres et haut de un mètre et quatre-vingts centimètres. La châsse est en cuivre doré et en laiton. D’où son vénérable poids atteignant quelque quatre cent cinquante kilos. Sa forme évoque une église dotée d’un transept. On peut y voir de nombreuses statues représentées, dont celles de Waudru avec ses filles, ou celles de Vincent avec ses fils. Les onze apôtres et saint Paul complètent l’iconographie de la châsse.

1915 – 1918 : Pas de Ducasse… ou presque

La Première Guerre Mondiale provoque naturellement une interruption de l’organisation du Doudou. Enfin, pas intégralement. Car sous l’occupation allemande, entre 1915 et 1918, la procession sort malgré tout. Le cortège est amputé de nombreux groupes, et aussi du Car d’Or. La châsse est simplement portée à bras d’hommes. Ce n’est que le 15 juin 1919 que le Car d’Or peut à nouveau parcourir les rues de la ville.

À Mons, beaucoup prétendent encore que la guerre a éclaté parce que le Car d’Or n’est pas monté. En réalité, c’est exactement l’inverse ! Le Car d’Or n’est pas sorti à cause de la guerre… 

1928 : Deux Lumeçon ! 

Le 7 juillet, le prince Léopold et la princesse Astrid ont droit, à l’occasion de leur Joyeuse Entrée à Mons, à un Lumeçon reconstitué et « joué » dans son intégralité sur la Grand-Place. Il y eut donc cette année-là deux Lumeçon, celui de la Trinité ayant eu lieu le dimanche 3 juin. 

1930 : « Puissant » second souffle pour la procession 

Cette année-là, de grandes festivités sont mises sur pied à Mons pour le centenaire de l’indépendance du pays. Le nombre d’acteurs jouant le Lumeçon est augmenté. La procession trouve un souffle nouveau, grâce au chanoine Edmond Puissant. Ce dernier habille de neuf les anciens groupes et en intègre de nouveaux, donnant à l'ensemble un caractère davantage historique, plus solennel, plus fastueux. Cette démarche sera poursuivie et amplifiée, même si la Seconde Guerre Mondiale perturbera de nouveau l'organisation de la procession et du combat. 

1940 – 1944 : Pas de Ducasse 

La Deuxième Guerre Mondiale provoque naturellement une interruption de l’organisation générale du Doudou. Durant l’occupation, la procession ne sort pas. Les reliques de sainte Waudru seront juste symboliquement « processionnées » à l’intérieur de la collégiale, le dimanche de la Trinité. Le Car d’Or ressortira de la collégiale le 27 mai 1945. 

1957 : Le vol du Dragon ! 

L'anecdote la plus célèbre réalisée autour de la Ducasse. Onze étudiants facétieux savaient que le Dragon se trouvait dans la cave du musée des Beaux-Arts. Le dimanche de la Ducasse, vers 2h, le drame se noue. Après avoir placé une voiture sur le parking du musée afin de garder un stationnement pour le camion, et bu quelques verres pour se donner du courage, les étudiants se mettent au travail. Le vol de l'animal perpétré, le camion emmène le Dragon à Wasmes, où il est caché. Dès 8h, l'un des fautifs téléphone à la police pour signaler le méfait. Il n’est pas cru. Les auteurs sonnent à nouveau et donnent suffisamment de preuves pour enfin être pris au sérieux. À la Ville, le bourgmestre Léo Collard enrage, menace des pires représailles. Le combat commence avec plus d'une heure de retard, dans la tension que l'on devine. Inimaginable aujourd'hui. 

En 1987, pour le trentième anniversaire de leur vol, une partie d'entre eux sont venus demander grâce et pardon, à genoux, auprès du bourgmestre Abel Dubois. Pardon accordé. Les onze "Diables" auteurs des faits: Jacques Rousseau, Jacques Marlot, Pierre Blot, André Vanolande, Serge Vanderstraeten, Albert Nicodème, René Libert, Ernest Carlier, Max Blondiau, Claude Pépin et un certain Jacques Hamaide (futur échevin... des Fêtes !). 

1958 : Doudou reporté #1

La Ducasse est reportée d'une semaine en raison des élections législatives, se déroulant le 1er juin. Pendant la Procession, un des chevaux tirant le Car d'Or ne peut plus avancer. Le retard pris est très important. Dans la Descente de la rue des Clercs, le Dragon rompt sa queue au tout premier coup de queue. La Biète arrive sans son appendice dans l'arène ! Le public est (très) mécontent et il le montre avec fracas. Des bagarres éclatent entre les spectateurs, les policiers et les acteurs. Saint-Georges est désarçonné. La totale!

Du positif malgré tout cette année-là. Le Dragon participe à l'exposition universelle se déroulant à Bruxelles.

Années 60 : Le Lumeçon vit son « mai 68 » 

Après la deuxième Guerre Mondiale, les acteurs du Lumeçon deviennent de moins en moins conscients du rôle et du rang qu’ils doivent tenir. Ils utilisent le combat principalement pour se défouler. Les différentes phases, encore transmises exclusivement par tradition orale, ne sont plus respectées. La violence autour et dans l’arène augmente, le public envahit régulièrement celle-ci. La queue du Dragon est brisée plus d’une fois avant la fin du jeu. 

Dans les années 60, le Lumeçon connaît une crise. Son redressement, sa survie, sera étroitement liée au respect du public. Il faut aussi que la foule respecte les règles, joue le jeu en quelque sorte. Or, le public du XXe siècle n’a pas les réactions et les codes de celui du XVe ni même de celui du XIXe. Le challenge sera de réconcilier le public contemporain avec la tradition séculaire. Dans les années 70, un homme s’y emploiera : Georges Raepers. 

1973 : 1er combat de Georges Raepers 

L’homme est considéré comme le père du Lumeçon contemporain. Il en est aussi le sauveur. Licencié en droit et en sciences politiques à l’ULB, le jeune Georges Raepers a 27 ans quand, au Carnaval de Binche de 1972, il rencontre par hasard l’échevin des Fêtes de Mons, Jacques Hamaide. Il interpelle ce dernier quant à l’état de délabrement du Combat dit Lumeçon. Le jeune juriste sort de cette rencontre fortuite avec une mission : réorganiser le jeu de Saint-Georges et du Dragon. Rien que ça !

Durant ses trois décennies de réalisation, Georges Raepers a été le principal artisan de la « renaissance » et de la « reconstruction » du combat dit Lumeçon. Il en a fait un événement mobilisateur, fédérateur et de cohésion sociale pour toute une région. Il lui a redonné du sens en construisant savamment, patiemment, un scénario détaillé et complexe, personnage par personnage, phase après phase, geste après geste… 

1975 : Chin-Chin protecteur

Le rôle de Chin-Chin protecteur, qui s’est d’abord appelé « Chin-Chin garde du corps », est   créé cette année-là par Georges Raepers. À côté des douze autres Chin-Chins, il se distingue par sa mission principale de guider Saint-Georges. Il se positionne constamment à sa droite. Sa carcasse et sa vareuse sont uniques.   

1979 : Doudou reporté #2

Des élections, européennes, sont organisées le dimanche 10 juin, soit le dimanche de la Trinité. Le Doudou est ainsi reporté à la semaine suivante et se déroulera le 17 juin. 

1983 : La plus émouvante

Aramis Tournay, après 30 années passées sous le casque et le costume de Saint-Georges, à combattre comme un beau diable, fait ses adieux à la foule. Il est resté dans le rond après son ultime combat. Les Montois, le cœur sur la main, entament alors un vibrant " Ce n'est qu'un au revoir, Aramis...". L’un des Saint-Georges les plus aimés et les plus charismatiques. 

1984 : Doudou reporté #3

Une nouvelle fois, l’organisation des élections européennes tombe le dimanche de la Trinité. Le Doudou est à nouveau reporté d’une semaine et aura lieu le 24 juin.  

1998: La légende de Jimmy

Jimmy Tournay effectue son 15e et ultime combat sous le casque de Saint-Georges. Il cède sa lance et donc le relais à son fils Frédéric, au cours d'une vibrante cérémonie d'hommage, rehaussée par la présence de la princesse Astrid et de l'archiduc Lorenz. La transmission du rôle de Saint-Georges est toujours un moment extrêmement émouvant. 

1999 : « Musique ! Musique ! »

Premier combat de Frédéric Tournay dans le rôle de Saint-Georges. En plein combat, la musique arrête soudainement de jouer… Les musiciens sont en réalité trompés par la foule, trop présente sur le kiosque et masquant le déroulement du combat. Le groupe confond le deuxième coup de pistolet de Saint-Georges avec le troisième… et dernier. Un soupir quasi irréel inonde la Grand-Place. Le temps est suspendu. Seul le réalisateur Georges Raepers se fait entendre dans ce silence accidentel par des « Musique ! Musique ! »… qui repart de plus belle. Le bon côté de l’histoire est que depuis, le kiosque est libéré des observateurs intrusifs à l’avantage de la Musique du Lumeçon et de quelques photographes accrédités.

2000: Nouvelle ère

Une cérémonie en fin de combat marque le passage au nouveau millénaire. Trois générations de Saint-Georges (Aramis, Jimmy et Frédéric Tournay) se retrouvent exceptionnellement dans le rond avec les quatre dragons qu'ils ont combattus. Fait historique : deux jeunes femmes font une entrée remarquée dans le rond parmi les acteurs. L'une symbolise l'ancienne ville, l'autre la nouvelle. 

2001: Cybèle et Poliade

Deux rôles féminins effectuent leur premier véritable combat. La première, Cybèle, symbolise l'ancienne ville, la cité originaire, et revêt une tenue aux couleurs du chapitre de Sainte-Waudru (en noir et jaune). La seconde, Poliade, représente la cité contemporaine, aux couleurs rouge et blanc. Leurs rôles respectifs et leurs actions durant le combat ne fera qu’évoluer au fil des ans. 

2002: Nouvelle queue et nouvelle réalisatrice

Réalisée en collaboration avec la Faculté Polytechnique de Mons (UMons) à partir d'un matériau plus économique, la queue du Dragon devient plus résistante et plus légère grâce à la fibre de carbone. Le poids est réduit de moitié. On devine aisément le principal avantage de cette mesure : les coups de queue dans le public seront plus nombreux. 

Cette année-là encore, après trente années passées à la réalisation du Lumeçon, Georges Raepers tire sa révérence. A l'issue du combat, Saint-Georges lui offre son sabre en guise de cadeau de départ. C'est Joëlle Wattier, alors actrice incarnant Cybèle, qui le remplace à ce poste. 

2005: Reconnaissance UNESCO

Visite de trois experts de l'UNESCO, dans le cadre de la candidature au titre de chef-d’œuvre du Patrimoine oral et immatériel de l'humanité. Ils sont séduits, enchantés, convaincus. Le 25 novembre 2005, à 11h, l'UNESCO proclame le Doudou "Chef-d'œuvre du patrimoine oral et immatériel de l'Humanité ". Les Montois ne périront pas !

2006 : Royal ! 

Le roi Albert II et la reine Paola nous font l’honneur d’assister à la fin de la procession, intégrant même la fin du cortège pour effectuer la montée de la rampe Sainte-Waudru, juste avant celle, plus mouvementée, du Car d’Or. Ils descendent ensuite sur la Grand-Place et gagnent le balcon de l’hôtel de ville afin de vivre le combat dit Lumeçon. 

2007 : Décès d'Aramis Tournay et première du Doudou illustré

Adieu Aramis !

Aramis Tournay, qui fut un Saint-Georges très populaire entre 1953 et 1983, nous quitte et entre dans la légende de la Ducasse rituelle. Un hommage public lui est rendu sur la Grand-Place de Mons, le jour de ses funérailles. Une foule importante s’était déplacée pour saluer une dernière fois cette figure emblématique.  

1ère édition du Doudou illustré

Le principe est simple. Un appel public est lancé chaque année afin de réaliser un visuel original qui sera soumis aux votes d’un jury et du public. Le grand gagnant verra sa création devenir l’affiche officielle et le t-shirt millésimé de l’édition. Fabrice Kotuwlski restera le premier lauréat de l’histoire du concours (qu’il remportera d’ailleurs une seconde fois) 

2008 : « Petit » Lumeçon

Pour la première fois, le Petit Lumeçon se déroule sur la Grand-Place de Mons et non au Waux-Hall, où il se tenait depuis les années 30. 3.300 enfants (pas un de plus n’est admis pour des raisons de sécurité et d’encadrement) sont ainsi répartis en six zones, en fonction de leur taille. Un t-shirt de couleur, spécifique à chaque zone, les distingue les uns des autres. Le petit Lumeçon se déroule le dimanche qui suit celui de la Trinité. Un événement unique, un énorme succès ! 

2009 : Doudou reporté #4

Les élections européennes tombent une nouvelle fois le dimanche de la Trinité. Le Doudou est reporté d’une semaine, soit le 14 juin. 

2014 : Le Musée du Doudou

Situé en plein cœur de Mons, le musée du Doudou ouvre ses portes (donnant sur le jardin du Mayeur de l’hôtel de ville) en novembre 2014. De l’originalité de la Ducasse rituelle de Mons à la légende de saint Georges, entre réalité et imaginaire, il s’attache notamment à comprendre et à valoriser les différents aspects de cette histoire universelle et multiséculaire. Sur trois étages, le visiteur découvre ce patrimoine exceptionnel, mis en valeur à travers différents regards. 

2020 et 2021 : Doudou confiné 

Les prières à sainte Waudru ne suffisent pas. La pandémie mondiale liée au Covid-19 prive les Montois et leurs Chambourlettes de Doudou, deux années consécutivement. En 2020, on doit se contenter de quelques prises de parole solennelles du bourgmestre Nicolas Martin,  des représentants du Lumeçon et de la procession. En 2021, une petite cérémonie symbolique est organisée, avec quelques phases du combat retransmises en direct sur Télé MB, à partir du jardin du Maïeur, sans le moindre public. La Ducasse ne périra pas !